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Symposium sur le thème : "Les pensées de Xi JINPING sur la réduction de la pauvreté et la coopération au développement sino-africaine" -Discours de Monsieur le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE
SGG/SI
Discours
Article
ven, 20 juil 2018

Monsieur le Premier Ministre a présidé ce jeudi 19 Juillet 2018, un Symposium sur le thème : "Les pensées de Xi JINPING sur la réduction de la pauvreté et la coopération au développement sino-africaine".

Voici le discours prononcé à cette occasion:

 

  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation,

  • Mesdames, Messieurs les Ministres,

  • Mesdames, Messieurs les Représentants du Conseil Economique, Social et Environnemental,

  • Excellence, Monsieur l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine,

  • Excellences Mesdames, Messieurs les membres du Corps Diplomatique,

  • Monsieur le Directeur de la Division de la Communication extérieure du Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’Etat de la Chine,

  • Monsieur le Professeur, Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar,

  • Monsieur le Président du Conseil d’Administration de l’Ecole Nationale d’Administration

  • Monsieur le Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration,

  • Messieurs, Messieurs les Professeurs et chercheurs,

  • Chers participants, en vos rangs, grades et qualités,

 

 

Je me réjouis de présider aujourd'hui, au nom de Son Excellence, Monsieur Macky SALL, Président de la République, l’ouverture de cet important Symposium placé sous le thème « les Pensées de XI Jinping sur la réduction de la pauvreté et la coopération sino-africaine ».

Cette rencontre d’échanges de haut niveau est un excellent prélude à la visite d’Etat que S.E.M. XI Jinping, Président de la République Populaire de Chine effectuera au Sénégal les 21 et 22 juillet, quatre ans après celle du Président Macky Sall en Chine. Ce symposium reflète en même temps les relations de grande estime cordiale existant entre SEM le Président Macky Sall et SEM le Président Jinping.

Je voudrais saluer cette belle initiative de l’Ambassade de la République Populaire de Chine au Sénégal, sous la direction de S.E.M. l’Ambassadeur ZHANG Xun, acteur inlassable au service de la coopération entre le Sénégal et la Chine, en collaboration avec le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’Etat de la Chine.

 

Le choix du thème de ce Symposium ne relève point du hasard car il comporte des éléments majeurs qui ont structuré toute l’action politique et militante de l’homme.

En effet, combattre la pauvreté a été un de ses défis quotidiens du Président Xi Jinping dès le début de sa carrière politico administrative, au point d’inspirer son excellent ouvrage « sortir de la pauvreté » édité en 2016.

Jeune cadre, sa pensée a été très tôt forgée par le souci constant de permettre au District de Mindong, pauvre en partie et difficile d’accès, peu ouvert sur le monde avec une économie basée sur une agriculture à petite échelle, de prendre son envol dans une économie de production, « qui permet aux poissons de frétiller à leur guise dans un océan infini et aux oiseaux de voler librement dans un ciel sans limite ».

C’est une belle métaphore pour exprimer la capacité de bouger sans contrainte ou de faire montre librement de ses capacités, conditions autant essentielles pour libérer l’esprit et l’énergie créatrice.

C’est de cette énergie créatrice dont notre continent a besoin pour libérer tout son potentiel. L’Afrique est ce continent, si riche, disposant de plus de 16,5% des terres arables du monde, de plus de 30 % des réserves mondiales en minerais dont 40 % des réserves en or, 60 % de ceux du cobalt, 90 % de platine, 21% d’uranium et d’importantes ressources pétrolières et gazières. Cependant, elle exporte encore toutes ses matières primaires brutes et donc sa main d’œuvre et sa valeur ajoutée et reste tributaire de l’extérieur pour son approvisionnement en produits transformés dont elle détient pourtant les matières premières.

Cruel paradoxe d’un continent assis sur des richesses aussi importantes et dont 40 % de sa population est touchée par l’extrême pauvreté avec certaines régions vivant de crises alimentaires récurrentes. Ces rrégions subissent également les effets des changements climatiques qui rendent encore plus vulnérables ses populations.

L’Afrique a beaucoup à apprendre de la Chine qui a su apprivoiser la technologie, qui a su dompter le savoir et le savoir-faire, qui a su aller à la conquête des marchés.

Elle a beaucoup à apprendre de la Chine qui a, en quelques décennies, a pu devenir une puissance économique et géostratégique majeure, dont la voie et l’action comptent à travers le monde. Une des clefs de cette réussite réside, me semble-t-il, moins dans le potentiel matériel que dans l’état d’esprit.

La Chine ne s’est pas réveillée riche. Pour parvenir à son niveau actuel de développement, le peuple chinois a fait preuve et continue de faire preuve d’un état d’esprit marqué par la discipline, la rigueur, l’ardeur au travail et le sens de l’organisation. Ces qualités, on les développe en soi. On ne les fabrique dans aucune une usine. On ne les achète dans aucune boutique.  

L’un des grands mérites du Président XI Jinping c’est d’avoir su conforter et prolonger cette dynamique combative et résiliente de son peuple par sa vision et ses actions depuis son accession à la magistrature suprême ; une action orientée vers la consolidation de la solidarité, de la paix et du dialogue entre les civilisations, dans le respect de la diversité.

Un premier repère important à cet égard aura été l’Initiative « la Ceinture et la Route », « Yi Dai, Yi Lu » en chinois. Cette initiative lancée en 2013 s’inscrit dans la globalisation et la relance de l’économie mondiale, pour une meilleure interconnexion entre les pays par la réalisation d’un réseau d’infrastructures routières, ferroviaires, maritimes, aériennes et digitales qui stimule les échanges, favorise l’investissement et finalement, soutient la croissance.

Dans son allocution prononcée à la 70ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015, le Président XI Jinping a encore plaidé pour la mise en place de partenariats mondiaux et régionaux en faveur d’un développement inclusif et durable au renforcement des capacités de gestion des crises de l’Afrique.

C’est dans le même esprit qu’il annoncé un vaste programme de partenariat avec l’Afrique en 10 volets, au Sommet du Forum sur la coopération Afrique-Chine (FOCAC) tenu en décembre 2015 à Johannesburg ; un programme soutenu par un accompagnement financier de 60 milliards de dollars, dont l’exécution est largement entamée.

Il est heureux de constater que les secteurs prioritaires de ce programme portent sur les domaines de l’industrialisation, de la modernisation agricole, des infrastructures, du climat, du commerce, de la réduction de la pauvreté et de la promotion du bien-être social, de la santé publique, de la culture, de la paix et de la sécurité en Afrique.

Autant dire que ces programmes s’inscrivent tous dans une optique de renforcement des capacités productives, de transformation structurelle de nos économies et de développement du capital humain.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il me plaît d’observer des espaces forts de convergence entre la Pensée du Président XI Jinping sur le Socialisme aux caractéristiques chinoises de la Nouvelle Ere, parachevant la modernisation et la prospérité de la Chine tel que défini durant le XIXème Congres du Parti Communiste chinois, avec les préoccupations et visions de l’Afrique et de ses dirigeants au rang desquels Son Excellence Monsieur le Président Macky SALL. 

En effet, à l’occasion du cinquantenaire de l’Union Africaine, les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains décidés à forger un avenir meilleur au continent, ont adopté l’Agenda 2063, référentiel de l’ambition de l’Afrique dans tous les secteurs, véritable cadre stratégique pour une croissance inclusive et un développement durable, prouvant à suffisance que notre Continent refuse l’assistance.

Les bases d’un changement de paradigme sont ainsi posées, mettant l’accent sur la transformation structurelle de nos économies, en favorisant davantage la valorisation de nos ressources, l’accélération de notre processus d’industrialisation et de production de services à haute valeur ajoutée.

C’est ainsi que nous créerons plus d’emplois pour les jeunes, qui, moins tentés par des aventures périlleuses en mer et dans le désert, consacreront toute leur énergie, leur talent, leur savoir-faire et leur créativité à la construction du continent.

Réussir ce pari, exige des options fortes en matière de renforcement du capital humain, par des politiques publiques appropriées notamment pour :

  • favoriser, à travers des réformes, un environnement de production et de promotion des secteurs créateurs d’emplois, articulées à une politique globale d’investissement dans les infrastructures pour dynamiser l’économie ;

  • accorder une priorité accrue à l’éducation et à la formation des jeunes ainsi qu’à la mise en place de politiques d’insertion socioprofessionnelle adéquates ;

  • développer des stratégies d’autonomisation des femmes, en assurant leur promotion économique et sociale, à travers des programmes visant à renforcer leur leadership, leurs capacités entrepreneuriales ;

  • développer des programmes d’accès aux soins de santé et de protection de l’enfant et de la mère ;

  • renforcer l’accès et le maintien des filles à l’école ; les études ayant montré clairement que les femmes instruites espacent davantage les naissances ;

  • développer une gouvernance saine et durable des ressources prenant en compte les intérêts des générations actuelles et futures.

Au Sénégal, c’est l’option faite par S.E.M. Macky SALL, Président de la République, avec le Plan Sénégal Emergent (PSE), cadre référentiel des politiques économiques et sociales visant à réaliser l’émergence à l’horizon 2035.

De même, le Président Macky SALL a lancé un appel à la restauration des valeurs républicaines et civiques ainsi qu’au retour à un comportement éthique, sans lesquels, il ne peut y avoir une gouvernance vertueuse, indispensable au rétablissement de la confiance entre le pouvoir public et le citoyen.

En outre, pour attirer plus d’investissement privé direct, nous devons promouvoir l'entreprise éthique. C'est à dire, une entreprise débarrassée de toute forme de corruption et respectueuse des lois et règlements du pays ; une entreprise qui intègre dans ses stratégies de développement, la sauvegarde des intérêts des actionnaires et des travailleurs ainsi que la protection de l'environnement. Entre autres mesures, c’est le sens de l’adhésion du Sénégal depuis 2013, à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La pauvreté n’est point une fatalité et la Chine et d’autres pays encore l’ont suffisamment démontré.

La voie à suivre, c’est d’investir de matière adéquate dans les infrastructures, l’agriculture, la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la protection sociale de nos jeunes. Nous aurons ainsi les moyens de transformer les richesses du continent et rompre définitivement le cycle de la pauvreté.

Des initiatives novatrices telles que la Couverture Maladie Universelle, les Bourses de Sécurité Familiales, la Carte d’égalité des chances pour les personnes vivant avec un handicap, le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et territoires frontaliers (PUMA) et plus récemment la Délégation à l’Emploi Rapide,  toutes lancées sous le Magistère du Président Sall, s’inscrivent dans le sens d’une plus grande inclusivité de la croissance et de la lutte contre la pauvreté.

En effet, la croissance n’est pas une fin en soi ; encore faudrait-il qu’elle arrive à bout de la pauvreté en étant inclusive, parce que bénéficiant au plus grand nombre. C’est tout le sens de l’engament du Président Macky Sall pour un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous !

Je suis convaincu qu’avec la Chine, le Sénégal et l’Afrique pourront toujours compter sur un partenaire fiable et fidèle en amitié pour mener et gagner solidairement le combat contre la pauvreté. Je me réjouis à cet égard de la recommandation du Gouvernement central de la Chine pour l’établissement d’un partenariat entre le Sénégal et la dynamique Province de Sichuan. Au demeurant, nous avons aussi commencé à accueillir des entreprises chinoises qui souhaitent au Sénégal délocaliser des activités industrielles. C’est une dynamique gagnante pour les deux pays amis, qui nous permet à terme d’offrir des emplois décents à des milliers de jeunes sénégalais et de les aider sortir de la pauvreté et à soutenir leurs familles.

C’est dire que ce symposium sur la pensée du Président Xi Jinping vient renforcer une réalité déjà en mouvement entre nos deux pays. La Chine et le Sénégal sont dans le temps de l’action ; une action soutenue par une vision stratégique à long terme, fondée sur l’amitié, la solidarité, la confiance et le respect réciproque et l’esprit du partenariat mutuellement bénéfique.

Voilà ce qui nous engage à toujours faire plus et mieux. Telle est la mission que nous assignent nos deux dirigeants lorsqu’ils ont décidé en septembre 2016 de hisser les relations entre nos deux pays au rang de partenariat global stratégique. Ensemble, nous devons poursuivre nos efforts concertés pour parvenir à nos fins communes.

Je souhaite plein succès à vos travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention.