Défense nationale: de nouvelles capacités opérationnelles

Le secteur de la Défense a été marqué jusqu’en 2012, par une situation d’indigence dans tous les domaines, qui avait profondément entamé les capacités opérationnelles de nos forces impactant négativement sur le moral des troupes. Les efforts budgétaires consentis sur la période de 2012 à 2016 ont installé les Forces armées dans une dynamique visant à :

  • adapter en permanence notre préparation, nos modes d’actions ;

  • combler nos insuffisances en équipements et dans les autres domaines ;

  • prendre en compte les préoccupations sociales des militaires.

Ainsi, l’Etat a consenti d’importants efforts budgétaires pour accompagner la réalisation d’équipements majeurs et d’infrastructures dans les domaines de la Défense et de la Sécurité.

Les nouvelles capacités militaires
Au titre de la Défense, l’Etat a consenti des efforts considérables dans la réalisation d’équipements modernes et de qualité entre 2012 et 2016. Ces efforts se traduisent par une montée en puissance de nos Forces armées à travers le renforcement des capacités dans les domaines des ressources humaines (recrutement et formation), de l’acquisition de matériels et équipements de nouvelle génération et la réalisation d’infrastructures adaptées. Au-delà des missions régaliennes, ces réalisations tiennent compte des nouvelles menaces liées au contexte sécuritaire dans la sous-région. Elles sont déclinées par entités spécialisées:

au profit de l’Armée de Terre, on note :

  • la montée en puissance des forces spéciales formées, entrainées et dotées de moyens adaptés à leurs missions d’unités d’élite.

  • la création ou l’érection d’unités nouvelles de la taille de bataillons à Kaolack (23ème BRA), Ourossogui (32ème BI), Kédougou (34ème BI) et Sédhiou (36ème BI), pour une meilleure prise en charge des questions de défense au niveau de nos frontières.

  • l’acquisition de matériels de combat pour les bataillons de reconnaissance et d’appui, d’engins blindés à canons roues pour les bataillons de blindés, de lance-roquettes multiples pour les bataillons d’artillerie, de simulateurs de tir pour l’instruction et de matériels roulants pour les unités motorisées.

au profit de l’Armée de l’Air, les réalisations sur la période ont porté sur :

  • des aéronefs, des hélicoptères et des drones de surveillance

  • la remise en ligne de vol du Boeing 727 « Pointe de Sangomar » et la remotorisation des MI 17 pour plus d’autonomie et de capacité dans le déploiement de nos troupes

  • un Centre de coordination des opérations (CCO) équipé pour l’’exploitation des activités des avions et des radars primaires relative à la surveillance de l’espace aérien.

au profit de l’Armée de Mer, les réalisations ont porté sur :

  • des patrouilleurs de haute mer 33 m et 45m baptisés respectivement Kédougou et Ferlo;

  • un centre de simulation et d’entrainement naval équipé ;

  • un patrouilleur de haute mer de 58 m (le Fouladou) réalisé par l’ANAM et dont l’exploitation est confiée à la Marine.

Sur le plan des infrastructures, l’Etat a engagé pour la construction du camp de Koutal pour la délocalisation de l’Ecole nationale des Sous-officiers d’Active (ENSOA), des camps militaires de Louga, Kédougou et Ourossogui) et d’un Centre médical interarmées (CMIA) à Ziguinchor. Il s’y ajoute la construction d’un Poste de Commandement pour l’Etat-major de l’Armée de l’Air et l’extension des capacités d’accueil des écoles et centres de formation.

au profit de la Gendarmerie :
L’Etat a engagé un vaste programme de modernisation de la gendarmerie nationale.
Ainsi, sur le plan des équipements, l’Etat a renforcé le potentiel opérationnel des hommes en bleu avec l’installation de laboratoires d’investigations criminelles pour la police scientifique ; de brigades mobiles de scanner pour la surveillance des frontières afin d’être en mesure d’exercer une visite systématique de tous les véhicules ou containers entrant au Sénégal. Sans oublier l’acquisition d’avions ultra léger motorisés (ULM) et de drones de surveillance pour la traque des délinquants (trafic de bois, vol de bétail) et la surveillance routière. Par ailleurs, l’Etat a engagé la construction d’une quinzaine de brigades et postes, de cinq (05) casernes au profit des Escadrons de Surveillance et d’Intervention (ESI) et de la compagnie de Gendarmerie de Kaffrine, et la réalisation d’ouvrages hydrauliques au profit des casernes de Bakel, Ourossogui et Samba Diéry Diallo.

La nouvelle condition militaire
Dans le domaine des ressources humaines, un rajeunissement significatif des effectifs s’est opéré depuis 2012, avec l’ouverture de 10 269 postes budgétaires.

Ces recrutements ont permis la résorption du stock des militaires du rang-jusque-là maintenus sur ordre-qui étaient dans une situation de précarité et le rajeunissement des effectifs compensant les départs massifs à la retraite.

Mais aussi le doublement des effectifs de formation dans les écoles (ENOA, EOGN, ENSOA et ESOGN) pour un meilleur encadrement des unités. Sans oublier le développement au niveau national de nouvelles filières de formation (métiers de l’aviation, application des médecins militaires).

La revalorisation de la condition militaire est un gage de stabilité des effectifs du fait de l’attrait qu’elle confère au métier des armes. A cet égard, d’importantes mesures ont été prises pour augmenter le pouvoir d’achat du militaire.
Les indemnités Journalières d’Opération (IJO) servies en zone 5 et 6 (cf. décret 2014 - 424 du 3/04/2014), passent pour les Officiers à 3000 francs par jour, à 2000 francs pour les Sous-officiers et 1500 francs pour les militaires du rang. La solde spéciale servie aux militaires servant pendant la durée légale (PDL) a connu une augmentation d’environ 263 % passant de 11.414 à 30.000 francs. Le pécule mensuel des élèves passe à 60.000 francs pour l’ENOA, 45.000 pour l’ENSOA et 30.000 francs pour le Prytanée militaire de Saint-Louis.

A côté de l’indemnité pour Charge militaire qui passe à 50% de la solde de base, s’ajoutent l’indemnité de responsabilité ou de commandement, la prime de qualification, les indemnités aux invalides. A cet effet, l’Etat a décidé d’une allocation forfaitaire de 10 000 000 de francs CFA au profit des grands invalides reconnus inaptes au service armé et rendus à leurs foyers. Et de façon ponctuelle, 17 grands invalides ont reçu chacun une maison F3 d’une valeur de 9.000.000 FCFA. Sans compter l’allocation de 730 millions aux ayants causes de militaires maintenus sur ordre décédés. Le dernier acte posé par le Gouvernement concerne la création d’une Agence pour le Logement des Forces Armées pour l’amélioration des conditions de vie des militaires chefs de famille vivant dans le domaine militaire. Par ailleurs, l’Agence de Réinsertion Sociale des Militaires (ARSM) a décidé de s’investir dans la riziculture et le maraîchage sur des spéculations à forte valeur ajoutée. Mais aussi dans un projet intégré de production de poulet de chair et d’embouche bovine (Sangalkam et Dahra) et de production laitière à Sangalkam.